L’artiste

Patrick_Rakotasitera_a_lAtelier_2001

L’ ICEBERG

    Sur le parcours des consciences, de celle de l’adolescent à celle du salarié, puis du citoyen : mon engagement artistique ne s’est jamais confronté aux nécessités matérielles de la vie courante sans en être raffermi. De sorte que mon travail de création a suivi une évolution constante, sous l’effet de la réalité.

Ce mode de cristallisation du réel s’est développé chez moi d’abord par l’usage du matériau invisible que sont les mots. Or si l’amour d’écrire ne m’a jamais quitté, dès neuf ans, chaque fois que les mots ne me permettaient pas la restitution de toutes significations, les lignes de mes phrases se sont muées en formes. Et très vite, ce qui n’était que griffonnage au coin d’une page d’écriture est devenu dessin. Les dessins se sont succédés au point de s’empiler, constituant une forme de création autonome et complémentaire vis-à-vis de l’écriture.

Avant l’avènement d’internet, c’était cette partie non immergée de l’iceberg , la partie visible de mon travail que je cherchais à promouvoir….

AMBIANCE DE TRAVAIL

      La partie visible de mon travail est présentée sur des supports divers. Leur seul dénominateur commun est un aspect monochromatique, ou une texture que j’ai jugée propice à une application plastique particulière, quand le support ne m’était tout simplement pas imposé par des conditions de travail, à vrai dire, peu académiques au début.

J’entends par là , que si je ressentais le besoin de créer parce que le « flash  mental » qui m’oppressait nécessitait d’être transféré sur un support, de sorte que son intensité décroisse ; selon la force de la vision – le terme est d’ailleurs impropre, puisqu’à l’état brut il s’agissait de mots pensés, d’impressions, de formes existantes entrés en collision, en tentant de cerner une chose qui n’existe pas encore – bref, il se pouvait que, dans l’instant de la création, n’importe quel papier, voir le panneau de bois arraché d’un meuble puissent servir à fixer les murmures bouillonnants de l’inconscient. Ainsi d’emblé mon travail à trouvé à se nourrir comme directement à l’ombilic du SURREALISME, pourrait-on dire.

Aussi peut-on trouver dans mes premières créations et jusqu’à maintenant, des objets hétéroclites, générés par une technique en perpétuelle modulation. Ce- la commence et a commencé, d’ailleurs, avec les série d’yeux façonnés généralement à coup de petits points. Des points, sans doutes, parce que, lorsqu’on est jeune et désireux de toucher, pour voir, les limites de la LITTERATURE, on s’attaque à l’alphabet trop abstrait . On le détruit pour atteindre une correspondante parfaite des lettres avec les autres éléments. Et on se rend compte qu’on est face à une myriade, un étincellement de points, comme contemplant les yeux de sa maitresse ou son amant : face à l’infinité de la forme et du sens, sur les traces de l’autre … et déjà sur la voie de la CALLIGRAPHIE.

Après avoir aimé la surface des yeux , aussi, je suis passé de l’autre côté du regard comme on passe de l’autre côté des miroirs. Le jeu consistait toujours à bannir de l’acte de tracer toutes corrections ou effacements, de manière à maintenir une spontanéité créative exempte de repentirs plastiques. Ou du moins : de sorte que, dans la trame, l’erreur soit encore création. Concrètement, il était question de fondre l’émotion dans l’instant du geste, afin qu’à l’extrémité de ce dernier : là où naissent le point et le trait, toutes formes obtenues soient le produit matériel de la tension de l’esprit dans le corps. Car la synthèse de facteur multiples, aussi bien que contradictoires, devenait ainsi possible.

Dans ce sens : peindre un arbre de visu était aussi valable que peindre une odeur d’arbre à vue de nez, puisque le corps devenait médiateur de vibrations. De plus, la source pouvant être externe autant qu’interne, sorti du champ proprement psychanalytique, il devenait également possible de fixer des sentiments précis sur la toile, d’aborder des thèmes historique, autant que de m’attacher à traduire mon interprétation d’un concept ou d’un mythe. En somme, de revisiter les archétypes de l’inconscient collectif, en exprimant une conception de l’univers certaine, à travers une variété d’essais plastiques.

En outre, soucieux de ne pas rompre avec les principes de l’ECRITURE AUTOMATIQUE appliquée aux arts plastiques ; lorsque mes créations supposaient une préparation plus calculée ( acheter des tubes de peinture, vérifier le matériel, les pinceaux zéros …. etc ) ; abandonnant l’idée couteuse de faire transférer mes dessins automatique sur toile pour les y peindre ; j’ ai pris l’habitude de rêver mes sujets de peinture, les visiter mentalement, de puiser dans les fonds ETHNOGRAPHIQUES des détails relatifs aux peuples primitifs, sans user de croquis , juste en esquissant au crayon sur la toile le préambule d’une improvisation picturale  à chaque tableau recommencée , pour, chaque fois, jouir du bonheur sans égale de peindre ce qu’on ne sait pas et qui n’est qu’entrevu . C’est ainsi que derrière les formes, il est apparu des hommes.

J’aimerais faire savoir, enfin, combien grand est mon souhait, grâce à ce site, de rendre accessible le chemin philosophique qui sous-tend toutes mes créations. Est-il possible que la philosophie soit exprimée par des formes visible, soit des images, et gagne en profondeur d’indicible ce qu’elle aurait perdu dans le silence des mots ? Je ne me pose plus la question depuis l’avènement du multimédia et de la possibilité qui est maintenant la mienne de conjuguer sur un même support : ECRITURE et PEINTURE. Par le pinceau j’assène des images qui résonnent et entrent en correspondance avec le dédale de mot que creuse ma plume, ainsi plume et pinceau sont l’épée et le bouclier de ma raison ; qu’ici, dans ce musée virtuel, je peux déposer comme un trésor … .

3 818 Comments on “L’artiste

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