LE MELANGE CONTRARIE DES ANGES

LE MELANGE CONTRARIE DES ANGES

Chapitre I : Home, sweet home…

Alexandre venait tout juste de sortir de prison. Il avait été condamné pour acte de vandalisme en réunion.Mamad qui était avec lui lors des faits ne fut pas inquiété . Mais depuis l’événement personne dans le quartier ne l’avait revu. Son père, furieux après lui, l’avait renvoyé au Sénégal afin qu’il puisse s’assagir après un mariage arrangé dont on attendait qu’il fut pour lui l’occasion de se responsabiliser. Aucunes possibilités donc pour Alexandre de revoir son ami de débauche. Et tout avait changé aussi dans le quartier : la plus part des dealers qu’Alexandre avait fréquentés avaient écopés de peine de prison. Ne restaient que les plus jeunes pour poursuivre le commerce et Alexandre ne les connaissait que de vue. Il n’y aurait donc personne pour lui offrir un gramme de chocolat magique. Il lui faudrait payer s’il voulait se décrocher les neurones. Or il était fauché comme les blés, pas un centime n’ornait son porte monnaie…Loin d’en être démoralisé, Alexandre savourait chaque seconde de liberté comme un bienfait providentiel et peu importait sa condition, il aurait tout le loisir de se refaire, ce n’était qu’une question d’opportunité, il en était sur. Alors, il prenait son mal en patience.

Il n’avait pas été dur pour Alexandre de rentrer chez lui la tête haute. Son père, laxiste  et pas rancunier pour un sou, avait considéré son absence tel le service militaire qu’Alexandre n’avait pas fait pour avoir été reformé, laquelle absence devait lui avoir mis un peu de plomb dans la tête par son caractère initiatique. La prison avait du le rendre plus mur, aussi  n’était-t-il point besoin en son esprit de gâcher les retrouvailles en lui rappelant continuellement ce qu’il considérait comme un événement regrettable, mais pardonnable. Alexandre avait donc retrouvé sa chambre, revu son frère et son chat, et à vrai dire peu de choses avaient changé dans sa famille. Son frère faisait toujours œuvre de sociologie en poursuivant ses études à la fac et son père quant à lui, tenait toujours compagnie à la télévision durant la journée pour être, comme il l’était, toujours au chômage, de plus en plus résigné,  de moins en moins motivé. L’argent ne manquait pas vraiment, sinon par intermittence, quand le père dilapidait au jeu les réminiscences de son ancienne fortune acquise à force de travail, fortune qui fondait comme neige au soleil et que venaient fort heureusement suppléer de substantielles allocations chômage.

Environ une semaine après son retour,eut lieu un événement qui devait bouleverser la vie d’Alexandre . Ce fut un soir de juin, après une journée où le soleil avait baigné l’ouest parisien dans un halo de chaleur dont on se souvient longtemps de l’intensité. Avec son père, ils se rendirent à la pièce de théâtre qu’avait montée la promo du grand frère, en cette veille de grandes vacances. Nicolas le frère bien aimé y interprétait Harpagon dans l’Avare de Molière. Mais au delà du jeu brillant de son frère, ce qui interpella Alexandre fut la jeune fille qui jouait Marianne. S’il avait s’agit d’un film on eut dit d’elle qu’elle crevait l’écran. Sa beauté surtout était ensorcelante : un nez fin et racé, des yeux d’un bleu à se damner, des lèvres sensuelles, un corps parfait. Alexandre trépignait sur sa chaise à chacune de ses apparitions. Ce n’est qu’au couché de rideau qu’Alexandre pu s’approcher d’elle et même l’embrasser sur les joues comme son frère lui présentait les membres de la troupe, tous mordus de théâtre, et dont Bahia, puisqu’ ainsi elle se prénommait, était l’égérie  ; celle, reine de beauté, que tout le monde regarde et convoite, sans que personne de son groupe d’amis n’ait réussi à faire la différence. Ce soir là, Alexandre et Bahia avaient échangé un long regard en se quittant. Alexandre disait des yeux : «  Ce n’est pas fini, nous nous reverrons… Mais qu’est-ce que tu es belle…» Elle, elle sembla intriguée,mais Alexandre ne pu en tirer aucunes conclusions.

La deuxième fois  Alexandre  approcha Bahia lors d’une soirée dans le garage de Gerald, un des membres de la troupe de théâtre. Gerald, son frère et toute la bande du théâtre y organisaient des réunions tardives où ils refaisaient le monde, aussi bien qu’ils devisaient théâtre, littérature, art en générale, musique en particulier (Gerald avait une batterie, des guitares, un micro, et chantait volontiers pour ses amis) ; on y échangeait aussi sur les histoires de chacun, et au milieu de cette troupe d’amis, ou plutôt à son sommet, il y avait Bahia, la très belle. Chacun des garçons la vénérait et été tombé un jour ou l’autre amoureux de ses charmes. Alexandre qui avait été convié exceptionnellement à leur réunion, se demandait comment il pourrait attirer l’attention de celle à qui il n’avait cessé de penser depuis leur rencontre. Car, à vrai dire, tout le désavantageait : il n’était pas sur son territoire, de plus tous les garçons de même que Bahia étaient plus âgés que lui. Et n’était son aura de fripon et de déluré, que personne n’ignorait, pas même Bahia à qui Nicolas avait parlé de son frère, rien, non rien ne semblait pouvoir l’avantager. Tout de même, Bahia, pendant que les garçons parlaient entre eux, avait dénié discuter avec Alexandre, mais en tout bien tout honneur, comme chacun n’ignorait pas qu’elle était amoureuse de Feraz, un jeune dentiste prothésiste qui ce soir là n’avait pu se rendre à leur réunion. Elle était charmante Bahia, et s’épancha volontier sur sa passion du théâtre, des photos qu’elle faisait en cachette pour les magazines de mode depuis qu’elle avait seize ans. C’ était juste un passe temps alimentaire, nullement une vocation. Elle profitait de ses atours, voilà tout, qui ne l’aurait pas fait ? Sinon, elle vivait toujours chez ses parents, lesquels étaient  d’une mentalité un peu austère  d’après elle. Ou du moins, étaient-ils à mille lieux de comprendre ses aspirations. Elle avait choisi des études de sociologie par dépit. Sa véritable ambition se situait ailleurs, dans la sphère artistique : elle aspirait à devenir comédienne. Le théâtre était tout pour elle, même si elle savait la voie périlleuse et quasiment synonyme d’échec et de rupture durable avec ses parents. Sa mère, ouvrière dans un atelier de confection, et son père qui tenait une épicerie, n’auraient jamais compris que leur fille puisse se donner en spectacle devant des inconnus. Du reste, Bahia ne les avait pas invitée pour la représentation de l’Avare. Tout ceci était trop loin d’eux, disait-elle. Alors, Bahia faisait semblant de suivre des études plus ou moins sérieuses, en attendant de s’émanciper , impatiente du jour où elle ferait exactement ce qu’elle voudrait.

Alexandre la fixait en rêvant : s’il pouvait la tenir dans ses bras et l’embrasser, que ne serait-il pas l’homme le plus heureux du monde. Elle était si belle Bahia. Son visage si parfait. Sa douceur et son énergie de jeune femme si adorable. Mais, rien a faire. Elle n’était pas libre et malgré le bonheur- dont Alexandre voulait le croire réciproque – qu’ils avaient à se regarder l’un l’autre, de manière quasi hypnotique, Bahia n’avait rien laissé paraître d’une quelconque attirance pour Alexandre. Du reste, comment  eut-il pu en être autrement ? Bahia était au milieu de ses amis d’un autre âge et peut-être qu’Alexandre – bien qu’il fit de son mieux pour que ce ne fut pas le cas – avait pu lui paraître trop jeune, trop gamin, il l’ignorait. En tous cas, avait-il pu l’admirer longuement, et de prés, assez prés, pour ressentir ce frisson qu’inspire un visage dont on ne se lasse pas de la beauté des traits. Et Bahia avait trouvé assez de point d’intérêt commun avec lui pour désirer le revoir à l’occasion, en qualité d’ami. Alexandre ne pouvait rien espérer de mieux, même s’il nourrissait le rêve secret de la séduire, sans être capable pour l’heure de rien tenter, ni de prétendre à autre chose, tant Bahia semblait si inaccessible, d’une race de femme si lointaine, et de celle qu’on ne peut abuser le temps d’un soir. Non, il se dégageait une aura de cette jeune femme qui intimidait ses prétendants, les rendait maladroit, lourdauds, et finalement réduit à l’état de sujet. Il était dit, depuis qu’elle avait eu l’age de séduire, que de nombreux hommes se battraient pour elle et la placeraient toujours dans cette position avantageuse où elle serait, comme maintenant, entourée d’une cours faite d’un grand nombre de serviteurs, et d’un unique prince vers qui toute la jalousie des autres convergerait. Alexandre savait qu’il ne faisait pas exception à la règle. Pour rien au monde il ne voulait se voir serviteur, seulement l’aventure semblait bien compliquée. Bahia était tout ce qu’il y a de plus vertueuse et fidèle. Et à vrai dire, elle l’intimidait. Alexandre n’en était pas à sa première conquête, mais là le poisson semblait trop grand pour ses filets. Il était intimidé et son cœur battait dans sa poitrine très fort comme lorsqu’il s’était revus chez elle en tête a tête, mais sans qu’il pu rien faire d’autre avec elle que deviser, tant elle paralysait toutes velléités passionnelles en lui. Ce fut l’unique fois où il pu lui rendre visite, profitant de l’absence de ses parents lesquels, sans nuls doutes, auraient reprouvé la venue d’un jeune étranger sous leur toit. Après, ils ne s’étaient plus revus. Soit que Bahia ne le rappela pas, soit qu’il lui paru incongru de l’appeler pour un motif valable qu’il n’avait pas, car à tous prix il voulait ne pas être démasqué , qu’elle sache qu’il venait pour la ravir. Alors les mois avaient passé. Alexandre s’en était retourné à ses anciennes amours, ou d’autre nouvel idylle, gardant dans un coin de cerveau une pensée pour Bahia et son joli minois de Déesse inaccessible pour l’heure,  qu’on oublie pas pour autant.

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47 commentaires sur “LE MELANGE CONTRARIE DES ANGES
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